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Voici un communiqué de presse qui mérite l'attention des habitants de la Normandie, région dotée de sept réacteurs nucléaires (à Flamanville, Paluel et Penly) en attendant le futur réacteur EPR, et de l'usine de retraitement de combustibles irradiés de La Hague.

 

29/08/2008
Belgique, Espagne, Allemagne, Autriche, Slovénie, Ukraine, France… L'Europe frappée par les accidents nucléaires



Le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle les citoyens à manifester le samedi 6 septembre à Avignon, avec le Collectif antinucléaire 84, à l'occasion du sommet européen (5 et 6 septembre) qui rassemblera les 27 ministres européens des Affaires étrangères


En effet, la France, qui a passé un été très radioactif avec de multiples évènements en particulier au Tricastin, est loin d'être le seul pays d'Europe frappé par les incidents et accidents nucléaires. Des scandales de grande ampleur font même la Une actuellement dans certains pays.

En Belgique, un accident de niveau 3 s'est produit le 24 août à l'Institut des radioéléments (IRE) de Fleurus. Comme d'habitude dès qu'il s'agit de nucléaire, l'alerte a été donnée en retard, les conséquences ont d'abord été minimisées par l'agence fédérale belge de Contrôle nucléaire (AFCN), mais on apprend aujourd'hui que la fuite radioactive est plus importante qu'annoncé au départ et que la consommation des légumes du jardin et du lait est maintenant interdite, en attendant peut-être de nouvelles révélations...

En Espagne, un important incendie s'est déclaré, le 24 août aussi, à la centrale nucléaire Vandellos II (Catalogne) qui est arrêtée depuis. Une trentaine d'incidents ont eu lieu depuis le début de l'année dans les centrales espagnoles. En avril dernier, on a appris qu'une fuite radioactive avait eu lieu 6 mois plus tôt (!) à la centrale d’Asco I (Catalogne) dont l'exploitant encourt de lourdes sanctions.

En Allemagne, la population a appris fin juin qu'une contamination de grande ampleur était en cours depuis des années dans une mine de sel ou 126 000 fûts de déchets nucléaires ont été stockés. La mine était présentée comme "stable depuis 70 millions d'années" et "quasi-imperméable", mais les déchets baignent aujourd'hui dans un véritable lac souterrain dont la contamination menace de grandes nappes phréatiques.

En Autriche, un incident s'est produit dans la nuit du 2 au 3 août dans les laboratoires de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), à 35 km de Vienne. Ce n'est que par chance qu'un accident grave n'a pas eu lieu.

En Ukraine, une fuite d'eau radioactive a provoqué l'arrêt d'un réacteur à la centrale nucléaire de Rivné (ouest de l'Ukraine) le 10 juin.

En Slovénie, une fuite radioactive le 4 juin à la centrale nucléaire de Krsko a entraîné une alerte européenne (les 26 autres pays de l'Union ont été contactés en urgence) avant que la gravité de la situation ne soit minimisée, sans que personne ne sache vraiment ce qui s'était passé.

La France, enfin, a été frappée cet été par de multiples incidents à la Socatri-Areva (Bollène, Vaucluse ; grave fuite d'uranium le 7 juillet), à la FBFC-Areva (Romans-sur-Isère, Drôme ; découverte le 18 juillet de contaminations par une canalisation rompue depuis des années), à la Centrale nucléaire EDF du Tricastin (Drôme ; 100 salariés contaminés le 23 juillet) et à celle de St-Alban (Isère ; 15 salariés contaminés le 20 juillet), à nouveau à la Socatri-Areva (aveu le 6 août de rejets illégaux depuis des semaines de carbone 14 radioactif) et à la Comurhex-Areva (Pierrelatte, Drôme ; aveu le 21 août de contaminations par une canalisation rompue elle aussi depuis des années).

Le Réseau "Sortir du nucléaire " appelle l'opinion publique internationale à prendre conscience de la gravité des contaminations déjà occasionnées par l'industrie nucléaire, et de la possible imminence d'une véritable catastrophe nucléaire dont les conséquences seraient incommensurables.

Il ne faut pas faire confiance aux diverses "autorités de sûreté", qui contribuent à cacher la vérité, et il faut fermer les installations nucléaires avant que le pire ne se produise. La manifestation du 6 septembre à Avignon (à partir de 12h, Ile de Barthelasse, Parc des Libertés) sera l'occasion d'exprimer ces revendications urgentes.

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Communiqué de presse du 29 août 2008
Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 830 associations
http://www.sortirdunucleaire.org/

Il est évident pour tout observateur que l'ensemble des médias français dits «  dominants » - et pas seulement les chaînes de télévision – n'ont aujourd'hui ni la volonté, ni les moyens de fournir une information approfondie. D'où des distorsions, délibérées ou non, qui aboutissent à, pour le moins, une mésinformation, voire une réelle désinformation.


Voici donc quelques précisions permettant d'éclairer un peu, je l'espère, le contexte, hors duquel le conflit en Ossétie du Sud reste illisible.


Le ministre français des affaires étrangères a cru pouvoir déclarer que la Russie était « hors la loi internationale ». Comme il arrive souvent en matière de droit, qu'il soit national ou international, faire appel à « la » loi n'a guère de signification en soi, dès lors qu'on ne se réfère pas de façon explicite à une loi précise, voire à un article de loi. Or il arrive souvent qu'une loi s'oppose, parfois diamétralement, à une autre.


En l'occurrence, il est vraisemblable que l'homme faisait allusion à la notion d'intégrité territoriale. Mais quid de la notion, tout aussi fondamentale, du droit à l'autodétermination ou, si l'on préfère, du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ?


Or, un minimum de connaissances historiques sur cette région du Caucase (apparemment jusqu'ici peu connue, pour ne pas dire ignorée, des politiciens, dès médias et du public français) permet d'éclairer le jugement de l'observateur.


Annexée par la Russie depuis plus de deux siècles (comme la Géorgie, et donc bien avant l'ère soviétique), l'Ossétie a revendiqué très vite son indépendance. Après la révolution de 1917, les forces gouvernementales géorgiennes affrontaient les Ossètes, qui dénombrent aujourd'hui 18000 morts en trois ans, dues à la guerre, aux épidémies et à la famine.

La Géorgie soviétique (patrie de Staline) annexa la partie méridionale de l'Ossétie en lui accordant cependant le statut de région autonome. Mais fin 1989, le parlement géorgien révoquait la réunification des deux Ossétie votée par le soviet suprême d'Ossétie du Sud et supprimait du même coup le statut d'autonomie de cette région.


Depuis cette décision unilatérale, la pression – censure de la presse, brimades administratives et policières, imposition de la langue géorgienne au détriment de la langue nationale et de la culture ossète (célébrée par Dumézil), etc. - n'a cessé depuis vingt ans d'alimenter les nationalismes des deux côtés, ainsi que le départ de nombreux habitants vers l'Ossétie du Nord, république autonome de la Fédération de Russie.


Résultat : des conflits armés en 1989, 1991, 1992 avec leur cortège de morts impossibles à dénombrer exactement, les deux adversaires pratiquant la désinformation, mais qu'on peut vraisemblablement estimer entre 2000 à 3000.


En juillet 1992, un accord intervenu entre Chevarnadze et Eltsine stipulait le maintien en Ossétie du Sud de « forces de la paix » composées de militaires russes, nord-ossètes, sud-ossètes et géorgiens. Cet accord stipulait aussi « l'intangibilité des frontières géorgiennes » et la création concomitante d'une « commission trilatérale » (russe, ossète, géorgienne) qui avait justement pour mission – c'est important - de « décider du statut de cette région d'Ossétie du Sud ».

Prenant tout le monde de vitesse, le gouvernement de l'Ossétie du Sud a alors proclamé l'indépendance du pays, provoquant la réaction symétriquement nationaliste de Tbilissi, avec (je prie ceux qui connaissent ces faits de bien vouloir m'excuser de ces raccourcis) l'arrivée au pouvoir de l'avocat géorgien formé aux États-Unis Saakachvili.


Pas mal d'incidents, diplomatiques ou militaires, ont émaillé l'actualité osséto-géorgienne ces dernières années. En avril dernier, M. Saakachvili, partisan de la manière forte et des formules expéditives enflammant ses discours, a tenté de faire intégrer son pays à l'Otan. Devant son échec (dû à l'opposition de l'Allemagne et de la France), et très vraisemblablement fort de l'appui de la fraction dure des services secrets américains qui mène ses actions autonomes à l'intérieur même de l'administration des États-Unis, il a cru pouvoir réussir une action de type Blitzkrieg sur l'Ossétie du Sud, au début du mois.


Bien d'autres faits pourraient être cités. Ils montrent que la situation de cette petite région du Caucase (sa population totale n'excède plus guère aujourd'hui celle de Colmar ou Quimper), connue des diplomates depuis des décennies, est le terrain privilégié pour un choc frontal entre deux puissants pays dans le conflit larvé mais constant pour la maîtrise des énergies fossiles.


Dès lors, les arguments invoquant les lois internationales sont à manier avec précaution. Qu'il s'agisse de l'intégrité territoriale (en l'occurrence discutable au regard des faits évoqués ci-dessus) ou du droit à l'autodétermination (à géométrie variable : Algérie, Kosovo...), l'invocation de ces lois ne sert que de paravent aux visées géostratégiques bien plus décisives.


Comme l'écrivait le 1er mai dernier Michael Klare dans « The Nation » (traduc. Contre Info) : « La Géorgie joue un rôle stratégique important pour les deux puissances en présence, car elle abrite l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), un projet soutenu par les USA, qui amène le pétrole de la Caspienne vers les marchés occidentaux. Des conseillers et des instructeurs américains et russes sont présents dans ces deux régions, parfois suffisamment proches pour s’observer directement. Dans ces circonstances, il n’est pas difficile d’imaginer des scénarios dans lesquels une future confrontation entre la Géorgie et les forces séparatistes pourrait conduire, volens nolens, à un affrontement direct entre soldats américains et russes, déclenchant une crise beaucoup plus grave. »

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