Sotteville-lès-Rouen (76). Pierre Bourguignon, maire : « Avec Boutin et Amara, j’ai l’impression de devoir faire de l’éducation permanente sur la politique de la ville »

Publié le par Le Galichon

Au nom de l’ Association des Maires Ville et Banlieue de France (AMVBF) qu'il préside, Pierre Bourguignon, député (PS) et maire de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime), a déploré la baisse des fonds destinés aux banlieues.

L'AMVBF, créée en 1983, est aujourd'hui la seule association regroupant les communes périphériques des principales agglomérations françaises, les villes de première couronne urbaine et celles de grande banlieue.

Elle réunit 120 maires de toutes sensibilités politiques (Rodolphe Thomas, maire UDF d'Hérouville-Saint-Clair, Calvados, en est le 9e vice-président).

Dans un entretien réalisé par Sophie Bouniot que publie le quotidien L'Humanité, Pierre Bourguignon déclare notamment : «  On nous parle d’un « plan Banlieue », mais personne n’est capable de nous en détailler le contenu. En tant qu’élu et président de Ville et banlieue, j’ai rencontré Christine Boutin et Fadela Amara, et nous allons nous revoir, mais j’ai l’impression de devoir faire de l’éducation permanente sur la politique de la ville. »

Il ajoute : « Depuis les émeutes de 2005, le gouvernement a beaucoup parlé mais peu agi. Des annonces et des promesses ont été faites, certaines sont tenues mais pas encore réalisées et puis il y a tout ce qui restait dans les tiroirs. À titre d’exemple, on a beaucoup parlé du Grenelle de l’environnement, mais je n’y vois aucun élément qui concerne le développement durable pour tous nos concitoyens qui ont des vies moyennes dans des quartiers moyens. »

Le fameux « plan Marshall pour les banlieues » n'a été qu'une annonce de plus destinée à alimenter les « journaux » télévisés du soir, alors que la dotation de solidarité urbaine (DSU) a bel et bien été amputée de 30 millions d’euros.

Réaction de Pierre Bourguignon face à cette nouvelle contradiction entre affichage et réalité : « Quelle que soit la couleur politique des gouvernements, nous arrivions jusqu’ici à sanctuariser ce système. Mais cette année, nous serons à moins de 100 millions d’euros de majoration de la DSU. Ça veut dire que nous ne savons pas comment, aujourd’hui, des choses qui sont de droit commun pour tous les citoyens vont pouvoir fonctionner dans un certain nombre de villes. Des lieux qui ne sont pas, je veux le souligner, des quartiers qui craignent, ni des banlieues en flammes, mais des endroits où se trouvent des populations qui ont le plus besoin d’aide, car on y trouve beaucoup de très jeunes enfants, de familles monoparentales, de chercheurs d’emploi, etc. Des personnes qui se trouvent souvent éloignées des lieux d’activités, ce qui engendre des dépenses supplémentaires. Bref, la DSU sert à aider ces gens-là. Moralité de l’histoire : on va la prendre sur l’argent commun, ça veut dire que la qualité de vie moyenne dans ces secteurs ne va pas s’améliorer. »

On est donc très loin des priorités énoncées par les maires :
- désenclaver les banlieues en multipliant les transports en commun,
- appliquer la loi SRU qui impose la construction de logements sociaux et privilégier fiscalement les communes qui en bâtissent,
- instaurer l’« emploi franc » qui permettrait à tout résident d’une zone urbaine sensible (ZUS) d’accéder à un emploi privé exonéré de charges patronales,
- lutter contre l’échec scolaire en y associant les parents, avec des paquets pédagogiques et des moyens scolaires et matériels,
- renforcer la péréquation financière nationale et locale pour que toutes les communes, même les plus pauvres, puissent offrir à leurs habitants un service public comparable à celui de villes mieux dotées.

Publié dans Actu politique

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