Hommage à Charles Mélingue

Publié le par Le Galichon

Nous vous livrons un texte qui rend superbement hommage à Charles Mélingue, notre confrère de Cherbourg disparu la semaine dernière, victime d’un cancer à l’âge de 54 ans.

C'est l’émouvant texte écrit et lu par Pascal Vannier, lors des obsèques célébrées samedi matin à l’église de La Trinité de Cherbourg. Le voici, intégralement copîé, avec les images de Guy Milledrogues, car nous craignons qu'il ne subsiste pas ou soit difficle à retrouver par la suite dans les archives du site de France 3 Normandie.

Pascal et Charles, une longue histoire, une belle complicité, une amitié indéfectible.

"Je ne pense pas être le plus digne pour faire un lien entre cette immense assemblée et toi, mon Charles. Tes amis, tes complices sont nombreux ce matin et je sais la peine infinie que tous ici nous partageons quels que soient nos horizons.



Toi, le maître de l'improvisation et du direct, tu me pardonneras d'avoir sous les yeux ce papier de soutien, ce prompteur de fortune, toi qui détestait cette machine à présenter les journaux télévisés, cet artifice à rendre les journalistes savants et infaillibles, peut-être même intelligents. C'est clair, tu ne dois rien au virtuel, ni à l'artificiel dans ce film qui défile devant nos yeux, qui nous hante depuis ce terrible mercredi matin assassin.



Tu es dans ta vraie nature et sur tous les terrains, les nuits d'agitation et de débat nucléaire, les jours de lancement de sous-marins, sous le soleil des bonnes nouvelles, dans la tempête des drames sociaux et professionnels... au plus profond de l'humain. Tu y es gentleman, tu y es élégant, grave, généreux, tu es mille sourires. Tu y es coup de gueule du haut de ta carcasse. Tu es le grand Charles et tu le resteras évidemment par ta stature et ta droiture. A Cherbourg, ton port éternel, là où nous te verrons toujours couché sur le Solex de tes débuts, l'appareil photo en bandoulière, même les feux rouges ne pouvaient arrêter ta passion.



Le vide est déjà terrible ici parce qu'une âme s'enfuit, parce qu'une voix s'éteint et un visage se fige. et là où tu as donné à tant de confrères les clefs du métier, un abécédaire de messages arrive de partout à la rédaction. Ils disent tout ce que l'on te doit, autrement dit l'essentiel. Il n'y a pas un mot de convenu. Le vide est déjà terrible bien au-delà de tes terres originelles. Oui, tu seras toujours le grand Charles par ton sens de l'histoire, de la nôtre, quand tu étais la bible et l'émotion des dernières commémorations du 60ème anniversaire du Jour J. Alors, ce matin les sanglots longs des violons de l'automne blessent nos coeurs d'un langueur monotone...



La mort n'est pas injuste, c'est son chemin qui l'est. Nous sommes tous sur la route et nous en savons tous le terminus. C'est bien pourquoi on va de toute façon se retrouver mon Charles et s'il te plaît, tu reprendras ta trompette pour nous accompagner dans le sanctuaire de nos bonheurs et de nos deuils comme tu l'as fait pour tant d'entre nous présents ici. Tu ne peux pas  savoir combien cela nous agace le fait que tu ne joues pas aujourd'hui dans cette basilique. Bisous mon Charles."



Pour avoir souvent rencontré Charles Mélingue, amicalement et professionnellement — et même avoir eu le bonheur de travailler un court temps avec lui au micro de l’ancienne « Radio Cherbourg », dans une HLM du quartier de l’Amont-Quentin, surplombant la ville et la rade —, nous nous associons pleinement à ces témoignages d’émouvant adieu à celui qui fut et restera un grand journaliste de radio et de télévision.
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Publié dans Médias

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