Législatives en Normandie : le destin du Bayrou d’après 2007 semblable à celui du Mitterrand d’après 1965 ?

Publié le par Le Galichon

Déjà, à la veille du lancement de son nouveau parti par François Bayrou, des candidatures aux législatives du mois prochain s’annoncent en Normandie sous la bannière du « Mouvement démocrate ».

Avec le psittacisme qui leur est naturel, la plupart des acteurs et commentateurs politiques hexagonaux prédisent, sinon l’échec, du moins l’isolement de celui qui aura eu le tort de ne pas retourner sa veste, comme viennent de le faire 23 de ses 29 députés UDF.

Ceux-ci, il y a encore quinze jours, n’avaient pas de mots assez durs pour stigmatiser celui auquel ils viennent aujourd’hui manger dans la main, toute honte bue et tout mépris assumé envers leurs électeurs.

Ces électeurs ainsi cocufiés seront-ils aussi versatiles qu’eux ? Reporteront-ils leurs voix sur les candidats du Mouvement démocrate, en optant pour la cohérence face au cynisme ?

Impossible à savoir aujourd’hui. La majorité des hommes et des femmes qui se présenteront sous l’étiquette du MD seront peu ou pas du tout connus. Ils n’auront qu’à peine un mois pour convaincre et emporter l’adhésion avant le scrutin.

C’est peu. Et chacun sait qu’en politique, la sincérité et le « parler vrai » pèsent souvent bien moins que le savoir-faire politicien, le clientélisme et l’esbroufe.

Il se peut donc que le Mouvement démocrate ne retrouve pas dans les urnes du 20 juin les 368 542 voix (sur 1 964 081 suffrages exprimés) engrangées en Normandie par Bayrou le 22 avril. Mais qui sait ? D’ici là, la situation générale aura évolué, tant à gauche qu’à droite…

Quoi qu’il en soit, cette présence du nouveau mouvement dans le paysage politique français sera un élément qui fera bouger les lignes dans une (in) certaine mesure, même si demain, Bayrou se retrouve mis à l’écart du microcosme politico-médiatique.

Car en politique, rien n’est jamais définitif (sauf la mort physique). Souvenir vécu : après 1965, à Paris, le Club 13, animé par le cinéaste Claude Lelouch, conviait régulièrement quelques invités à venir visionner un film en avant-première. Un soir, un petit homme, habillé de noir, attendait debout, seul, près du vestiaire de ce petit établissement de l’avenue Hoche qu’on le débarrassât de son manteau. Personne ne s’occupait de lui. Littéralement invisible, nul ne lui parlait. Au bout d'un moment, seule, l’hôtesse d’accueil, comme prise de pitié, vint le saluer. Ce petit homme dont tout le monde s’écartait ce soir-là, c'était François Mitterrand, candidat battu une première fois à l’élection présidentielle.
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Publié dans Actu politique

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