Législatives (14, 27, 50, 61, 76). La Normandie sera-t-elle soluble dans la Sarkozie ?

Publié le par Le Galichon

À cinq jours du premier tour des législatives, l’incertitude reste entière, particulièrement en Normandie, en dépit des « sondages » nationaux qui n’ont pour but principal que d’influencer les électeurs dans le sens voulu par leurs commanditaires (le nom du ou des commanditaires est un élément capital à toujours prendre en compte pour les évaluer).

Alors que toutes les annonces médiatiques lancées par le nouveau président de la République visent avant tout à donner une image de mouvement et de rupture (réelle pour ce qui concerne le style de communication officielle), la mise en condition de l’électorat se poursuit activement à travers les médias industriels détenus par les amis du président, ou même désormais carrément dirigés par un des ses proches, comme pour le plus important d’entre eux, la chaîne de télévision privée TF1.

Pour attirer le plus grand nombre de suffrages dès le 1er tour, les annonces qui paraissent les plus porteuses d’avantages immédiats mais qui sont en réalité lourds d’effets pervers et donc de menaces à court, moyen et long terme se sont succédé ces derniers jours. Comme la réduction des droits de succession (qui accentuera inéluctablement les inégalités), l’allégement du poids des intérêts des crédits immobiliers (qui favorisera la hausse du prix des logements), l’abaissement de la majorité pénale des mineurs (qui permettra aux délinquants de se former à la criminalité durant leur stage en prison) pour ne citer que ces trois annonces tonitruantes.

Il sera bien temps, par la suite (c’est-à-dire après le 17 juin), de faire adopter les mesures les plus sévères par un Parlement aussi inexistant que le gouvernement actuel (où les ministres, placés sous l’autorité de leurs directeurs de cabinet tous imposés par le nouveau locataire de l’Élysée, sont publiquement et vertement rappelés à l’ordre à la moindre tentative d’interprétation non conforme).

Les électeurs des 31 circonscriptions des cinq départements normands se laisseront-ils séduire par l’habillage de ces mesures, fait de sécurité, d’ordre moral et d’autorité, toutes « valeurs » susceptibles de plaire à cet électorat généralement considéré comme « modéré » ?

Exprimeront-ils au contraire leur refus de la politique et des méthodes sarkozystes (tel qu’ils l’ont exprimé le mois dernier dans de nombreuses circonscriptions ou bureaux de vote) ou bien, sous l’effet du formatage médiatique et du déficit d’information qu’on leur impose, reconduiront-ils benoîtement leurs élus sortants (godillots confirmés ou ralliés de fraîche date) qui leur promettent aujourd’hui la « rupture » ?

Auquel cas la Normandie se dissoudrait tranquillement au soir du 17 juin dans une Sarkozie d’où toutes contre-propositions, contestations ou oppositions n’auraient plus que la rue et la violence pour s’exprimer.

Le beau rêve de l’électorat modéré normand se transformerait alors en vrai cauchemar…
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Publié dans Actu politique

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