St-Pierre-de-Varengeville (76) : le cri de colère des sacrifiés de l’usine Wagon

Publié le par Le Galichon

C’est un tract politique. Il nous a été envoyé à redaction@legalichon.net. La force des blogs, c’est qu’aucune censure ne peut s’imposer à eux dès lors qu’ils entendent rester indépendants.

C’est également qu’aucune autocensure ne peut s’imposer à ceux qui, pour conserver leur indépendance d’esprit, acceptent de prendre le risque d’être jugés pour ce qu’ils ne sont pas, voire, tout bêtement, de se tromper.

Donc ce tract est politique. Mais pas politicien. Il est certes signé d’u parti politique qui n’est autre que le PCF. Mais on s’en fout. Parce que ce qu’exprime avant tout ce tract, c’est la colère et la fieté outragée de personnes salariées face au mépris d’une direction qui a décidé de réduire brusquement leur nombre.

Pas seulement là, dans cette vallée de Saint-Pierre-de-Varengeville (Seine-Maritime) où le groupe anglais Wagon se préparait à annoncer, quand ce tract a été écrit, 104 licenciements. Depuis, la direction de l’équipementier automobile a confirmé officiellement la destruction de près de 900 emplois en divers pays d’Europe. « Dégraissage nécessaire », disent-ils en substance, pour « mieux investir ».

Bien sûr, les solutions avancées par les auteurs du tract semblent dérisoirement utopiques ou terriblement naïves. À court terme, elles n’ont malheureusement aucune chance d’inverser le cours des décisions managériales.

Alors, simplement, au moins — et c’est vraiment un petit minimum —, donnons (et donnez-vous) la possibilité d’entendre le cri des victimes. Tout simplement, ici :



Déclaration de la section du parti communiste français

WAGON Saint Pierre de Varengeville : 104 licenciements

Nous avons appris par la bande sans aucune information officielle que 104 licenciements vont avoir lieu à l’usine du Paulu Wagon, Avec le mépris le plus total, les salariés, leurs organisations syndicales les élus sont mis une nouvelle fois devant le fait accompli. Pas à pas, la désindustrialisation de la vallée continue, elle touche ou touchera tous les secteurs, elle aura des conséquences dont il est difficile à cette heure d’imaginer l’ampleur.

Au même moment les médias annonçaient que le Premier ministre rencontrait dix patrons de la branche équipement automobile. Il leur a annoncé la publication, dans les semaines à venir, d'un plan de sauvetage du secteur. Il n'est pas besoin de s'appeler « Madame soleil » pour en deviner la teneur habituelle : exonérations de « charges » (taxe professionnelle, cotisations sociales…), facilités de trésorerie et aides financières pour accompagner les plans sociaux.

Wagon n’est pas sur la paille. Selon son PDG, Christopher Clark, qui l’écrit sur le site Internet officiel du groupe, Wagon a acheté cette année OXFORD pour la somme de 192,6 millions d’euros pour dit-il, globalement accélérer les délocalisations vers l’est de l’Europe en particulier en Tchéquie et avec l’acquisition d’OXFORD prendre des positions en Turquie qui est « un emplacement de développement rapide à bas coût pour la production automobile ». Les coûts de la restructuration du groupe s’élèvent à 60 millions d’euros.

Les menaces qui pèsent sur l’industrie automobile européenne ne viennent pas d’hier. Elles viennent de l’extérieur de l’Union Européenne où les grands groupes économiques investissent massivement. Les premiers véhicules à très bas coût, produits en Asie dans des conditions de dumping social absolu, arrivent sur le marché européen. Des pièces détachées contrefaites pénètrent en quantité industrielle sur le territoire de l’Union européenne. Ce qui pose de réels problèmes de sécurité, car ces pièces ne sont pas toujours fiables, ni aux normes de sécurité européenne. La Commission européenne et l’Organisation mondiale du commerce ont une attitude très passive, voir complaisante, vis-à-vis de ces phénomènes. Ils se développent aussi au cœur de l’Union européenne : On organise des délocalisations massives intra européennes vers la Slovaquie, la Tchéquie, la Pologne, demain vers la Roumanie et la Russie qui concernent aussi bien les unités d’assemblages des activités d’études et les équipementiers. On met en concurrence en matière d’aides et de fiscalités les différents territoires de l’Union européenne. On cherche plus que jamais à faire pression sur les salaires, le temps et les conditions de travail, en pratiquant un terrible dumping, en opposant entre eux les travailleurs d’Europe. Les groupes automobiles « européens » n’ont que faire des salariés d’Europe, ils se contrefichent de la croissance, du développement ou de la création d’emploi dans l’Union européenne. PSA ferme l’usine de Ryton, Renault veut supprimer 1 200 postes dans ces usines de Palencia et Valladoid et met au chômage les salariés de Sandouville.

Ils pratiquent un chantage à l’emploi pour tirer un maximum des territoires où ils s’implantent et une fois qu’ils ont fini de piller les finances publiques, ils s’installent ailleurs. Ils trouvent toujours pour cela des relais locaux. Imaginons ce qu’aurait été alors la domination des groupes sur la société si le projet constitutionnel européen aurait été adopté l’an dernier.

La droite s’implique totalement et rapidement dans la stratégie des groupes.

Mais alors que faire ? Sommes nous condamnés à subir ? Nous ne le pensons pas.

Le PCF propose une véritable relance de l'industrie.

Nous proposons une charte pour l’avenir durable de l'industrie automobile européenne dont les points principaux sont :

· L’instauration d’une sécurité emploi formation, la transformation des emplois précaires et intérimaires en CDI, départ en retraite à 55 ans pour les postes de production, mise en place des 35 heures dans toute la branche, instauration d’un salaire minimum, création d’une commission d’enquête sur les pathologies liées aux conditions de travail et d’un fond d’indemnisation des victimes financé par les constructeurs

· Une autre utilisation de l’argent, de nouveaux rapports entre constructeurs, équipementiers, sous-traitants et banques

· Un contrôle des importations et la protection du marché européen

· Des nouveaux droits d’intervention pour les salariés sur la stratégie de leur groupe et de leur entreprise.

Alors que certains dans notre pays sont prêts à gérer les effets de la mondialisation capitaliste. Il est temps que notre peuple relève la tête, que les salariés retrouve leur fierté.

Nous appelons l'ensemble du conseil municipal, ainsi que la population à s'opposer fermement à ce nouveau coup porter a l'emploi dans notre vallée et à apporter un soutien sans faille aux salariés de chez Wagon. Le PCF les appellent à prendre le chemin des luttes et sera à leur coté en leur apportant son soutien dans les différentes actions et initiatives qu'ils décideront de mener.

Saint Pierre de Varengeville le 30 novembre 2006






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Publié dans Société

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