Calvados (14) : la grave faute stratégique de l’UDF rend perplexes les sympathisants

Publié le par Le Galichon

Un communiqué de presse publié par le comité Bayrou de Bayeux, rendant compte d’une réunion intimiste tenue mardi dernier à Douvres-la-Délivrande, nous apprend que « beaucoup [des participants à cette réunion] ont observé dans leur entourage que de nombreuses personnes appréciaient [les] prises de position [de François Bayrou] mais attendaient pour se décider à voter pour lui qu'il remonte un peu dans les sondages. »

C’est dire l’énormité de la dérive sondagière dont les échecs pourtant cuisants et répétés n’ont apparemment pas suffi à démontrer que leur seul objet est de manipuler l’opinion. C’est dire aussi le caractère moutonnier de bon nombre d’électeurs.

Mais le plus grave n’est pas là.

Au-delà de ce constat général, il n’est en effet pas certain que dans le Calvados, tout au moins, mais vraisemblablement bien au-delà, l’UDF puisse convaincre de la sincérité de son positionnement sur l’échiquier politique national et surtout de la certitude de voir appliquer dans les faits les annonces de son candidat en cas de succès (qu’aucun observateur libre et indépendant de la chose politique ne peut aujourd’hui honnêtement exclure).

La décision officielle confirmée par l’UDF de ne pas investir de candidat dans la circonscription du Calvados actuellement détenue par la députée UMP Le Brethon est plus qu’une erreur : c’est une grave faute stratégique.

Comment dès lors convaincre les électeurs intéressés, voire attirés ou même séduits par les prises de position d’un homme politique qui tient aujourd’hui un discours au moins cohérent et s’adressant à des esprits adultes, qu’il n’est « ni de gauche, ni de droite » ? Comment ces électeurs potentiels ne pourraient-ils pas déduire que cette posture « résolument au centre » finira par « retomber du côté d’où elle vient et où elle penchera toujours », c’est-à-dire une droite beaucoup plus conservatrice que réformiste ?

Outre que cette soumission au statu quo local écarterait vraisemblablement nombre d’électeurs de gauche ou de centre gauche (comme certains stauss-kahniens) qui dressent aujourd’hui une oreille attentive aux propos de Bayrou, elle risquerait de faciliter la perpétuation de cette monstruosité politique spécifiquement française qu’est l’exercice simultané d’un double mandat de député(e) et de maire d’une ville moyenne ou importante.

On ne peut être à la fois bon législateur à l’échelle nationale et bon administrateur au niveau local. Les intérêts divergent souvent, les capacités de travail en souffrent toujours. Au mieux, l’élu(e) sera inefficace dans l’un des mandats. Et l’expérience prouve malheureusement qu’il n’est pas impossible de l’être sur les deux.
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Publié dans Actu politique

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C
Où auriez-vous vu l'information selon laquelle l'UDF refuse d'investir un candidat sur Caen ?? Jamais une telle déclaration n'a été faite à ma connaissance.
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L
Il s'agit d'un communiqué concernant la circonscription de Caen Ouest, publié le mercredi 10 janvier 2007 et signé du délégué départemental de l'UDF Jacques Collin. Jusqu'à présent, aucun candidat UDF n'y a encore été investi officiellement, sauf erreur.Ci-dessous le communiqué intégral. Il figure d'ailleurs toujours sur le site des Jeunes UDF du Calvados :http://jeunesudf-14.over-blog.org/article-5204740.htmlCommuniqué de presse suite au communiqué de M. Gérard JAULIN, candidat aux législatives à Caen Ouest."Pour l'heure, les instances nationales de l'UDF ont donné l'investiture à trois candidats : Rodolphe THOMAS dans la 2ème circonscription, Claude LETEURTRE dans la 3ème circonscription de Lisieux et Philippe AUGIER dans la 4ème circonscription de Pont l'Evêque.M. Gérard JAULIN qui vient d'annoncer sa candidature dans la première circonscription de Caen en se présentant de l'UDF n'a aucune légitimité pour se réclamer et s'exprimer au nom de notre formation.Il s'agit là d'une démarche purement personnelle sans consultation du président de la fédération UDF du Calvados, Philippe AUGIER, ni du bureau de la fédération qui n'agrée pas la démarche".Jacques CollinDélégué départemental de l'UDF
J
Excellente analyse de votre part. Membre de l'Udf et d'Energies2007 (www.energies2007.com) , et candidat déclaré dans la première circonscription du Calvados, je n'approuve pas le ralliement de Christian Blanc à Nicolas Sarkozy car je reste persuadé que l'Udf doit conserver sa liberté d'appréciation, de jugement et de vote... Mais, autant le dire clairement, les "arrangements entre amis" ont prévalu sur la cohérence stratégique et l'intérêt général. On risque une fois de plus de reprocher aux centristes de manquer de convictions.... et ils l'auront bien mérité..!!<br /> Gérard JAULIN
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