Normandie (14, 27, 50, 61, 76). Le Mouvement Normand soppose à la démolition qui menacerait 120 églises normandes.
Dans un communiqué diffusé aujourd’hui, le Mouvement Normand exprime sa colère contre la menace de disparition d’édifices qui font partie du patrimoine, notamment touristique, et suggère une solution.
Voici l’intégralité de ce communiqué titré « NON ! NON ! ET NON ! Le Mouvement Normand s'oppose à la démolition des églises que l'on ne veut pas entretenir ! »
"L'article du Figaro du 18 mai 2007, intitulé Des maires sont contraints de démolir leurs églises révèle que, selon un rapport du Sénat, 2 800 des 15 000 églises rurales protégées seraient en situation de péril. Selon le responsable du nouvel Observatoire du Patrimoine Religieux, les bâtiments non classés, qui ne sont pas une priorité pour l'État, ont un sombre avenir devant eux.
Déjà, pour ne citer que deux exemples normands, l'église Saint-Paul, de Pont-Audemer, a été rasée, et l'on s'interroge sur le devenir de l'église Saint-Paul de Rouen, désaffectée et déclarée inutilisable (?) par différentes autorités.
Statistiquement, on peut évaluer à 120 le nombre des églises de Normandie ainsi menacées.
C'est inacceptable.
"Les prétextes invoqués sont surtout d'ordre financier : les municipalités ne peuvent payer les lourdes restaurations. Ce ne sont pas les seuls. S'y ajoutent les différents vandalismes.
Qu'est-ce qu'un vandalisme ? C'est la volonté, active ou passive, de destruction d'un patrimoine qu'une génération barbare ne veut plus assumer.
En l'occurrence, nous avons affaire à un vandalisme clérical et à un vandalisme édilitaire.
- Vandalisme clérical, lorsque, comme l'écrivit drôlement l'écrivain Roger VAILLANT, l'Église, corps constitué, s'en ponce-pilate les mains du devenir de tas de pierres, faisant le choix de s'occuper des pierres vivantes (les âmes sans doute).
- Vandalisme édilitaire, lorsque les municipalités, qui, durant des décennies, ont laissé se dégrader des édifices pour mieux proclamer aujourd'hui le caractère irrémédiable de l'état de délabrement des édifices. Nous n'osons croire aux calculs de certains maires qui, paraît-il, guigneraient les emplacements constructibles une fois les églises rasées…
Il convient, cependant, de rappeler certains éléments du dossier.
"L'excellente Loi de 1905 de séparation des Églises et de l'État a confié aux municipalités la propriété et la charge des édifices religieux. Qu'au bout d'un siècle, la puissance publique s'exonère de ses responsabilités est tout simplement un manquement à l'esprit et à la lettre de la Loi.
Que l'on veuille, çà et là, exciper de la position de l'Église selon laquelle il n'y a plus de vie cultuelle dans tel ou tel édifice religieux, n'est qu'un misérable alibi pour tenter de justifier l'injustifiable.
Car l'on oublie, un peu vite, qu'une église a une histoire et participe à la composition d'un paysage. À ce titre, les églises n'appartiennent pas qu'aux municipalités et elles peuvent servir à d'autres fonctions que cultuelles.
"- Une église a une histoire et est une histoire. Ancienne quelquefois, du XIXe souvent (et qui donc déclare que l'architecture du XIXe siècle n'a aucune valeur ?), une église est d'abord une authentique maison du peuple, lequel était chrétien, d'où sa fonction principale, mais c'était aussi un lieu de réunion, une maison commune. Les Cahiers de Doléances de la pré-Révolution furent rédigés le plus souvent dans les églises, seul lieu capable, dans un village, de réunir les futurs citoyens.
D'autre part, une église a toujours été le lieu de baptême, de communion, de mariage, d'obsèques de… nos ancêtres. De quel droit peut-on mépriser un tel héritage, que l'on soit croyant, pratiquant ou non ?
- Une église est souvent le principal élément construit s'intégrant, par son volume, ses formes caractéristiques, dans un paysage. C'est si vrai que l'une des affiches politiques les plus célèbres, celle de la campagne présidentielle de M. MITTERRAND, symbolisant la force tranquille, montrait un village fictif dominé par le traditionnel clocher de son église.
Donc, nous considérons que les églises, toutes les églises, classées ou non classées, appartiennent, par héritage et au nom de l'esthétique de notre environnement, à l'ensemble de la collectivité.
"D'autres questions annexes doivent être posées. Quel est le coût de la déconstruction (terme euphémique et cynique employé en l'occurrence) ? Que fait-on des pavages, des dalles (funéraires ou non), du mobilier, des fonts baptismaux, des vitraux, des verrières, etc. ? Où tout cela est-il entreposé ? Est-ce détruit ? Vendu ? Au profit de qui ?
Peut-être faut-il revoir certaines dispositions de la Loi de 1905 et ne plus laisser seules les municipalités en charge de l'entretien des édifices religieux ? État, départements et régions contribuent, certes, déjà financièrement, mais la responsabilité finale appartient aux municipalités, qui n'ont pas ou n'ont plus la surface souhaitable pour assumer ce rôle.
"L'argent manque, mais, et ce sera notre conclusion, on ne peut se vanter de recevoir tous les ans en France plus de soixante-dix millions de touristes et ne pas consacrer une partie plus importante de cet apport financier à l'entretien de notre patrimoine, de nos paysages, de tout ce qui fait l'exemplarité et l'attrait de la France, donc, aussi, de la Normandie.
"Pour le Directorat Pourpre (Culture - Patrimoine) du Mouvement Normand_Emma Davesne."
[Fin du communiqué]
Voici l’intégralité de ce communiqué titré « NON ! NON ! ET NON ! Le Mouvement Normand s'oppose à la démolition des églises que l'on ne veut pas entretenir ! »
"L'article du Figaro du 18 mai 2007, intitulé Des maires sont contraints de démolir leurs églises révèle que, selon un rapport du Sénat, 2 800 des 15 000 églises rurales protégées seraient en situation de péril. Selon le responsable du nouvel Observatoire du Patrimoine Religieux, les bâtiments non classés, qui ne sont pas une priorité pour l'État, ont un sombre avenir devant eux.
Déjà, pour ne citer que deux exemples normands, l'église Saint-Paul, de Pont-Audemer, a été rasée, et l'on s'interroge sur le devenir de l'église Saint-Paul de Rouen, désaffectée et déclarée inutilisable (?) par différentes autorités.
Statistiquement, on peut évaluer à 120 le nombre des églises de Normandie ainsi menacées.
C'est inacceptable.
"Les prétextes invoqués sont surtout d'ordre financier : les municipalités ne peuvent payer les lourdes restaurations. Ce ne sont pas les seuls. S'y ajoutent les différents vandalismes.
Qu'est-ce qu'un vandalisme ? C'est la volonté, active ou passive, de destruction d'un patrimoine qu'une génération barbare ne veut plus assumer.
En l'occurrence, nous avons affaire à un vandalisme clérical et à un vandalisme édilitaire.
- Vandalisme clérical, lorsque, comme l'écrivit drôlement l'écrivain Roger VAILLANT, l'Église, corps constitué, s'en ponce-pilate les mains du devenir de tas de pierres, faisant le choix de s'occuper des pierres vivantes (les âmes sans doute).
- Vandalisme édilitaire, lorsque les municipalités, qui, durant des décennies, ont laissé se dégrader des édifices pour mieux proclamer aujourd'hui le caractère irrémédiable de l'état de délabrement des édifices. Nous n'osons croire aux calculs de certains maires qui, paraît-il, guigneraient les emplacements constructibles une fois les églises rasées…
Il convient, cependant, de rappeler certains éléments du dossier.
"L'excellente Loi de 1905 de séparation des Églises et de l'État a confié aux municipalités la propriété et la charge des édifices religieux. Qu'au bout d'un siècle, la puissance publique s'exonère de ses responsabilités est tout simplement un manquement à l'esprit et à la lettre de la Loi.
Que l'on veuille, çà et là, exciper de la position de l'Église selon laquelle il n'y a plus de vie cultuelle dans tel ou tel édifice religieux, n'est qu'un misérable alibi pour tenter de justifier l'injustifiable.
Car l'on oublie, un peu vite, qu'une église a une histoire et participe à la composition d'un paysage. À ce titre, les églises n'appartiennent pas qu'aux municipalités et elles peuvent servir à d'autres fonctions que cultuelles.
"- Une église a une histoire et est une histoire. Ancienne quelquefois, du XIXe souvent (et qui donc déclare que l'architecture du XIXe siècle n'a aucune valeur ?), une église est d'abord une authentique maison du peuple, lequel était chrétien, d'où sa fonction principale, mais c'était aussi un lieu de réunion, une maison commune. Les Cahiers de Doléances de la pré-Révolution furent rédigés le plus souvent dans les églises, seul lieu capable, dans un village, de réunir les futurs citoyens.
D'autre part, une église a toujours été le lieu de baptême, de communion, de mariage, d'obsèques de… nos ancêtres. De quel droit peut-on mépriser un tel héritage, que l'on soit croyant, pratiquant ou non ?
- Une église est souvent le principal élément construit s'intégrant, par son volume, ses formes caractéristiques, dans un paysage. C'est si vrai que l'une des affiches politiques les plus célèbres, celle de la campagne présidentielle de M. MITTERRAND, symbolisant la force tranquille, montrait un village fictif dominé par le traditionnel clocher de son église.
Donc, nous considérons que les églises, toutes les églises, classées ou non classées, appartiennent, par héritage et au nom de l'esthétique de notre environnement, à l'ensemble de la collectivité.
"D'autres questions annexes doivent être posées. Quel est le coût de la déconstruction (terme euphémique et cynique employé en l'occurrence) ? Que fait-on des pavages, des dalles (funéraires ou non), du mobilier, des fonts baptismaux, des vitraux, des verrières, etc. ? Où tout cela est-il entreposé ? Est-ce détruit ? Vendu ? Au profit de qui ?
Peut-être faut-il revoir certaines dispositions de la Loi de 1905 et ne plus laisser seules les municipalités en charge de l'entretien des édifices religieux ? État, départements et régions contribuent, certes, déjà financièrement, mais la responsabilité finale appartient aux municipalités, qui n'ont pas ou n'ont plus la surface souhaitable pour assumer ce rôle.
"L'argent manque, mais, et ce sera notre conclusion, on ne peut se vanter de recevoir tous les ans en France plus de soixante-dix millions de touristes et ne pas consacrer une partie plus importante de cet apport financier à l'entretien de notre patrimoine, de nos paysages, de tout ce qui fait l'exemplarité et l'attrait de la France, donc, aussi, de la Normandie.
"Pour le Directorat Pourpre (Culture - Patrimoine) du Mouvement Normand_Emma Davesne."
[Fin du communiqué]
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